vendredi 3 octobre 2008

Paranoïa

Pour cause d'insouciance de la part de l'École d'Actuariat ou flagrant manque de candidant, je suis cette session auxiliaire d'enseignement. C'est ainsi que je me retrouve à avoir des périodes de "disponibilité" où je réponds à la verte masse de première année avide de savoir. Également, mes tâches incluent la surveillance d'examen ainsi que la correction de ces derniers.

C'est hier qu'avait lieu le premier test de la dite matière. C'est donc dire que ma fin de semaine sera assurément constituée de correction. J'ai donc sorti mes stylos rouges et me prépare à attaquer les 150 copies qui attendent de subir mon effroyable regard inquisiteur.

Du coup, je suis parti hier de l'école avec une boite contenant 50 copies d'examens. Mine de rien, il y a une genre de responsabilités qui vient avec ça. C'est le résultat d'heures d'étude, d'heures de cours et de 2 heures de cogitation intense. Bref, une boîte de feuilles qui pue le labeur, la sueur de front. Et moi, je suis le détenteur d'un grand butin.

J'arrive chez moi, assez tard et assez las, pas de correction en vue le soir même. Je barre mes portes de voiture, laisse les copies dans la valise. Tranquille Émile, ben bon Manon, c'est bien Alain.

La soirée se poursuit, l'épisode de C.A. était délicieux et Louis Morissette s'affirme de plus en plus comme une superbe plume. Je me couche.

Et puis au milieu de la nuit, dans les environs de 3h AM, je me réveille. Pipi nocturne, routine. Et soudain, sans aucune logique, rationalité, côté cartésien ou tout autre truc masculin (héhé), je me mets à penser aux copies dans ma valise. Je paranoïe (conjugaison douteuse), grassement. Je pense à ce qui arriverait si jamais je les perdais. Je me mets à m'imaginer de rocambolesques scénarios de vol, d'explosion. Je stress big time et me dit que je me rendormirai pas sans être rassuré. J'enfile donc mon vieux bas de pyjama et sors dehors, faisant face à une température glaciale. Évidemment, la boîte est toujours dans ma valise, je m'en empare et rentre en dedans.

Je suis ensuite retourné me couché, satisfait quoique troublé par cet excès de paranoïa. Frigorifié, je mets un bon 30 minutes à me ré-endormir, radio AM aidant. Ça me surprend, je n'ai jamais été le genre à vérifier 5 fois si j'avais barré la porte ou retourner sur mon chemin voir si j'avais bien fermé un rond. Ça me fait pas, des responsabilités.

Bizarre.

5 commentaires:

L'Ours qui a vu l'Homme a dit…

Ca représente tellement de temps de travail pour tellement de monde que, bien que je sois d'accord avec la qualification de ceci comme étant de la paranoïa, je pense que c'est une paranoïa correcte. Ca a l'air de rien, mais quand on est auxiliaires, on est BIG.

Maryse a dit…

Des erreurs, tout le monde en fait. Des oublis, aussi. Des pertes d'examen, c'est arrivé à beaucoup de monde! Tout le monde s'en est remis!

Ne te fais pas autant de tracas pour la vie. Demain, qui sait où tu seras?

Rationnel oui... mais, tu n'as pas besoin de t'imposer ce stress. Je le sais que tu es compétent. Ils savent qu'ils peuvent te faire confiance. Te reste plus qu'à te faire confiance, maintenant... et à dédramatiser.

Maryse a dit…

Dans les pires des cas, tu ne seras jamais actuaire et tu seras écrivain. (J'ai dit ça moi?)

P'tit homme a dit…

Oh que ça me rappelle des souvenirs ça! Dans ma dernière année de BAC, j'ai fait la même chose, à l'exception que c'était près de 300 copies à corriger, que ces dernières ne pouvaient pas quitter l'Université et que j'avais trois jours pour les corriger. Ma collègue et moi avons terminé le troisième jour (ou plutôt le quatrième jour) à minuit trente. Pas très pratique quand tu dois te taper un cours le lendemain à 8h30. Mais c'était tellement plaisant. Profites-en!

voyance par mail gratuite a dit…

J’aime beaucoup les sujets que tu traites, qui semblent tellement simples et habituels pour nous blogueuses qu’on ne pense même pas à en faire un article.