lundi 13 octobre 2008

Drama

Un peu partout autour de moi, je sens une effervescence palpable. Certains sont emballés par les élections fédérales, d'autres tombent en amour, se couchent aux petites heures, pris dans de langoureux échanges, certains ont des projets sensass, un livre, un voyage en Afrique, d'autres veulent réaliser l'impossible, apprendre la grammaire française dans son ensemble ou la mythologie grecque dans tout ses détails. On se livre des luttes pour obtenir le coeur de jolies jeunes dames, on est passionné par ses études, on pratique de nombreux sports. Et moi, je calisse rien. Du tout, pantoute, nada, zéro, profondeur d'un discours de Gilles Duceppe, néant, fuck all. J'ai l'impression d'être l'oeil de calme dans un cyclone de palpitations.

I desperately need some drama.

Non pas que ma vie soit vide. J'étudie par moment, je fais de la correction, j'ai des activités soooociales avec mon BAC, je vais m'impliquer dans le festival étudiant annuel de la faculté, je lis un bouquin très prenant, je flirt ouvertement avec deux filles, la saison de Canadiens est débutée, j'ai des débats épiques sur la politique. Et malgré tout ça, je m'ennuie profondément. À dire vrai, la chose la plus savoureuse et croustillante de ma dernière semaine fut sans doute la sporadique écoute de la première saison de la falotte série The O.C.. Un bon ramassis de drama, de grasses émotions à vivre par procuration, de la névrose par commutativité. Combattre le morne par l'exaltant télévisuel, rien de bien édifiant.

Dernièrement, deux plaies répandaient de sulfureux ragots sur mon humble personne. D'ordinaire plutôt indifférent dans ces rares cas, je me suis surpris à être ...intense? Bien que d'éhontés mensonges n'aient aucune valeur, je me suis bizarrement pris à penser à des trucs douteux, des concepts flous tel la conservation de ma réputation (oui oui). J'avais le goût de balancer un coup de poing, quelque chose de senti, de spectaculaire, de dramatique à fond. Ma vie comme un épisode de The O.C., huge fuck.

Donc le soir même où j'apprends les sombres faits, j'ai la région fécale enflammée, les sphincters ignescents, le cul en feu, et je fonce vers un des deux jambons dès que j'ai la chance de le croiser. Ne me laissant guère la chance de parler, il me traite plus ou moins de mongole en rapport à un article publié dans le sympathique journal étudiant. Après l'avoir délicieusement envoyé chier, je le questionne sur les étrons potiniers qu'il largue un peu partout. S'ensuit alors une longue tirade douteuse et insensée de sa part afin de tenter de justifier. J'étiquette assez rapidement l'homme en question comme un ultime imbécile. Immédiatement, toute tension s'évapore. La colère laisse place à une mesquine pitié (I am soooo bad), pas de coup de poing. Et plus de drama. Vie plate.

Pas capable de m'enflammer plus de quelques heures. Tout est tellement relatif, l'amour, la haine, la douleur, l'amitié, l'ennui. Esclave du cartésien, je suis prisonnier du terne.

6 commentaires:

P'tit homme a dit…

Bon, alors, je ne suis pas le seul à s'emmerder dans sa vie plate! Si au moins j'avais la motivation d'étudier, j'aurais alors un peu plus de piquant dans ma vie... et de meilleurs résultats!

L'Ours qui a vu l'Homme a dit…

Je crois que ce serait de la névrose par distributivité, car je doute qu'il adopte tes émotions du moment lorsque tu l'écoutes à la télé.

Le Tapageur Silencieux a dit…

@p'tit homme: C'est bien de voir que je ne suis pas le seul dans mon bateau. J'aimerais aussi me réfugier dans mes études mais bof, tellement pas.

@l'ours: Bon point Alain.

Pinocchio a dit…

Qu'est-ce qui est le mieux?
-Le noir et blanc
ou
-Le gris
?

Facile à deviner a dit…

J'es arrive à la même conclusion que toi : C'est un ultime imbécile !!!

Mais je crois que tout ce qu'il veut est d'attirer l'attention...à mon avis, il est dérangé et plus que stupide.

voyance gratuite en ligne par mail a dit…

Très bon article, comme toujours. Il a le mérite de susciter le commentaire .