vendredi 7 décembre 2007

Amitié, cette éphémère

Je prenais une bière ou deux hier avec quelques amis dans un pub à propreté aussi nébuleuse que l’orientation sexuelle de John Travolta lorsque j’ai eu une espèce de révélation, une constatation à la fois réaliste mais désolante, enfin, un peu : Fort probable que dans 10 ans, je ne côtoierais plus aucun des 3 gars avec qui j’étais.

Je me suis posé des questions sur la nature des liens que j’entretenais avec mes amis. Je réalise que pour la plupart d’entre eux, nous n’avons aucune passion commune, la même vision de la société ou des tempéraments similaires. En fait, je ne sais même pas pourquoi nous sommes amis. C’est cru, mais c’est un peu ça. Ce sont souvent des amitiés de circonstance, plaisante certes, mais basé que sur du conjoncturel.

Soyons clair, j’adore actuellement passé du temps avec eux. Souvent, on rit bien, la bière est bonne, nous avons un intérêt pour chacun d’entre nous mais en fait, je réalise que 95% de nos conversations se résument à des anecdotes personnelles ou la rétrospective de nos années antérieures.

La plupart des personnes que je connais sont des gens bien, des types incroyables, des gens hyper drôles mais pourtant, j’ai souvent l’impression qu’il manque quelque chose, je ne saurais dire quoi.

J’adore la littérature, la musique progressive des années 70, la radio, la politique et le hockey. Les gens que je connaisse aime plutôt l’entraînement physique, les anime japonais, les jeux vidéo, le ski, le cinéma, le métal, les Cowboys Fringants. J’ai souvent l’impression d’être un espèce d’outsider quand nous sommes un gros groupe quelque part, je me dis ma relation avec eux est sans doute éphémère.

Je pense que j’ai un peu cette perspective depuis le cégep. Alors que la plupart de mes amis s’enlignait tous vers un cégep, j’ai fait à ma tête et je suis aller dans un cégep anglophone, ailleurs. Je continuais à faire des trucs avec mes "vieux" amis mais déjà, je sentais que moins de choses nous liaient. Il y a des gars que je connais depuis que je suis tout bambin que je vois désormais rarement pour ne pas dire jamais. Est-ce que ça me rend triste? Oui sans doute, mais c’est aussi un peu la vie… enfin, il me semble. Je pense que ce n’est pas d’être fataliste de penser que la même chose arrivera peu à peu avec une majorité de mes "amis".

Ô bien sûr, j’ai bien 2 ou 3 personnes en tête que je pense bien côtoyer toute ma vie, mais encore là, qui sait… Alors que j’étudie et serai sûr le marché du travail dans 2 ans et demi, des gens près de moi parte en voyage un peu partout dans le monde. Ils vont voir la France, la Bolivie, le Madagascar. Certains sont partis des mois durant et lorsqu’ils reviennent, ce n’est déjà plus comme avant. Ce sera quoi si je vais travailler à Toronto où ailleurs? Poser la question c’est y répondre…
J’essaie de me dire que je vais faire l’effort pour entretenir mes liens. Déjà là, faire l’effort, n’est-ce pas en soi la preuve que c’est dans la nature des choses que de perdre peu à peu ses liens? Ou peut-être suis-je un espèce d’ami déloyal inapte à bâtir des liens durables? Je ne sais bien pas.

Et puis quoi, peut-être que je vais revoir de bons amis après 5 ou 10 ans. Ce sera plaisant, convivial. On se racontera nos vies, nous nous rappellerons des anecdotes du passé, nous nous souviendrons de ce que nous aimions chez l’autre. Mais la personne qui sera en face de nous sera bien peu différente d’un inconnu, distincte d’un quidam que par une commune parcelle de vie depuis longtemps relégué au passé. Trop sombre comme portait, peut-être…

Je pense à plein de gens qui ne font plus parti de ma vie. Il y a cet ex demi-frère que j’ai côtoyé 5 ans et dont je n’ai aucune nouvelle depuis 3 ans, ce groupe d’amis avec qui j’ai partagé 2 ans de ma vie après m’être fait expulsé d’un école et que j’ai dégueulassement jeté ensuite comme l’idiot que je peux parfois être. Il y a un fantastique gars que j’ai côtoyé au cegep et que j’ai déjà peine à voir depuis 6 mois : The Warrior. Tout ça me rend triste.

Mais voilà, la vie suit son cours. Des gens quittent, d’autres arrivent. Je pense qu’il faut dire au gens près de nous à quel point ils sont merveilleux pendant le temps qu’on les côtoie car bien vite, il pourrait être trop tard…

4 commentaires:

Fausse-artiste/Vraie-frisée a dit…

Je pense que les amis, les vrais, ce n'est pas vraiment des gens avec qui on a une passion commune. Des gens qui ont des tempéraments et des goûts pareils, ils forment des clubs et se tiennent ensemble. Les amis, c'est des gens avec qui on vit, avec qui on évolue. Et puisqu'on évolue, les amis changent aussi avec le temps.
Ce que je préfère chez mes amis, c'est justement qu'ils sont différents de moi. C'est certain que certaines choses nous unissent mais, au fond, il y en a beaucoup plus qui nous séparent. Je dis le 1/4 des mots que Meilleur Ami dit par année : mais je l'aime quant même. La très grande majorité des choses que je fais avec lui sont fondamentalement niaiseuses et sans but aucun. Mais c'est comme ça. Capitaine Roux pense «moi, argent placé avec des taux d'intérêts, hockey» tandis que je pense «les autres, une nouvelle jupe, football». Toutes nos opinions diffèrent (et même que des fois, il m'énarve!) mais je ne serais pas capable de totalement définir mes opinions si je ne pouvais pas les confronter aux siennes.
Et pour ce qui est des voyages, on formera un club de soutien!
Les amis, c'est comme un couple, ça demande aussi de l'entretien. Il n'y a rien de «magique» ou de spécial dans l'amitié qui lui permet de durer pour toujours.

En espérant ne pas être trop tombée dans le cheesy...

p.s. j'aime la métamorphose de ton blogue!

Le Tapageur Silencieux a dit…

fausse-artiste/vraie-frisée: Je comprends ce que tu veux dire mais il m'arrive parfois de me demander ce qui me relie aux gens que je connais. J'ai pas le goût de connaître des clones de moi, des suiveux ou des gens ternes mais j'ai mes moments de "je suis sul au monde" il faut croire haha. J'ai souvent l'impression que toutes mes conversations mènent à rien, tu parles d'avoir la chance de définir tes opinions en discutant mais voilà, j'ai même pas ce genre de discussion bien souvent sur des sujets qui mériteraient selon moi d'être discutés parce que ça ne cadre pas avec nos habitudes de gars dans un pub qui disent pas grand chose d'utiles et ça me déprime ces temps ci... C'est vraiment rien contre les gens qui me sont proches, juste une lassitude de début décembre il faut croire...

Pour les amis qui sont comme un couple, je connais rien là-dedans haha, je suis ben mal pris!

Plotte a dit…

Les amis qui sont comme un couple... est-ce que ça veut dire qu'ils font l'amour? parce que sinon ça ne m'intéresse vraiment pas!

Avoir à écrire un article sur le même thème que vous cher Bloggeur, j'opterais pour le titre: Amitié, cette éphémère, mais à jamais.
En effet, je vois de moins en moins ceux que je considère comme mes vrais amis, et ça m'attriste beaucoup... En plus que je ne suis pas le genre de gars à appeler... Faut croire qu'on arrive à la Croisée des chemins, comme le dirait Britney... Mais pourtant, chaque fois que je les revois, il y a une espèce de mise à jour automatique des fichiers qui se fait instantanément, naturellement. Pourtant, mes vrais amis, il est vrai que je partage moins d'intérêts avec eux qu'avant...(surtout ceux qui parlent essentiellement de leur programme et à qui j'ai juste le goût de répondre : «si ton programme m'intéressait je serais dedans!»)
Mais quand je les revois, c'est toujours la même flamme qui se rallume en moi... Le feu sacré des tits gars qu'on était qui renaît...

Il y a les amis, mais il y au aussi les chums, ceux qu'on voit soit: parce qu'ils étudient avec nous, parce qu'on boit de la bière avec eux, parce qu'on travaille avec eux... Il est certain que ces gens ont au moins un intérêt commun avec nous puisque cet intérêt est au centre de notre relation... Mais Boule à mite! c'est gens là, ce sont ceux qu'on negardera pas toute notre vie, c'est eux les éphémères!

Je suis un sociable solitaire.
Je suis le seul dans ma tête, et je vis ma vie dans ma tête.
L'animal sociable en moi à toutefois un besoin criant de voir des gens tous les jours, de discuter de température ou de clôture mauve... De voir les chums...
Mais j'ai surtout besoin de voir mes vrais amis de temps en temps, histoire de la partager, cette solitude.

Mes vrais amis savent comment je réagis face à une situation. Mais vrais amis savent quand je vais mal juste à m'entendre parler et faker d'être bien... Mais vrais amis ont toujours et seront toujours là, j'en suis certain, dans les moments durs, mais vrais amis ont partagé avec moi des périodes importantes de ma vie, des périodes où nous avons co-évolués... Mes vrais amis, je les compte sur mes dix doigts... Mes chums, j'en ai autant que le nombre de pop corns abandonnés sur le planché de la Boulathèque...

Le Tapageur Silencieux a dit…

Plotte: Malgré un pseudonyme ma foi plutôt gras, tes propos respirent bon sens. Ça amène définitivement une nouvelle perspective à ma réflexion. Je me reconnais beaucoup dans ce que tu dis, ça reflète aussi une bonne partie de ce que je pense.

Nos amis ont évolués avec nous, notre croissance et évolution personnelle leur est liée mais j'ai cependant peur que tout ça ne suffise pas à faire en sorte que je puisse entretenir un tentinent de relation avec eux plus tard et cela me désole un peu. J,espère me tromper au fond, mais c'est un constat qui, je crois, risque bien de s'avérer vrai...